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Maintien de la paix et sécurité pour les réfugiés

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par Lloyd Axworthy

En attendant que le gouvernement Canadien renouvelle son engagement auprès des opérations de paix des Nations Unies, nous ferions bien d’examiner les défis mondiaux en matière de sécurité qui se posent aux opérations modernes de maintien de la paix – ceux inhérents au nombre record de migrants et de réfugiés.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le nombre de personnes déplacées – plus de 65 millions en 2016 – est à son plus haut depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur ce total, le nombre de réfugiés recherchant la sécurité en traversant les frontières internationales a dépassé les 22,5 millions.

Alors que de plus en plus de citoyens cherchent refuge, les forces de maintien de la paix de l’ONU sont de plus en plus chargées de mener des opérations où la cessation des conflits armés est toujours en cours. Les récentes réductions de financement par le plus important contributeur, les États-Unis, constituent un autre défi.

Les pays qui accueillent certaines des plus grandes concentrations de réfugiés sont également fortement tributaires de leur sécurité intérieure pour les opérations de paix de l’ONU ; comme par exemple au Soudan du Sud, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

Le système des Nations Unies démontre une conscience de la nature transversale de nombre de ces défis (mais pas toujours la volonté d’apporter les changements nécessaires). Quelques exemples :
Le Groupe indépendant de haut niveau sur les opérations de paix (HIPPO) de l’ONU a appelé, en juin 2015, à un changement essentiel dans la manière dont les opérations de paix sont conçues et menées. Le Groupe a souligné la « primauté de la politique », l’idée qu’une paix durable est obtenue par des solutions politiques et non seulement par des engagements militaires et techniques.
L’adhésion actuelle du Secrétaire général au maintien de la paix comme cadre général de la majorité des programmes de l’ONU englobe toute la gamme des opérations de paix et de sécurité : prévention des conflits, médiation, maintien de la paix, consolidation de la paix et développement durable à long terme.
La Réunion de haut niveau de septembre dernier, intitulée « Gérer les mouvements massifs des réfugiés et des migrants », a débouché sur une déclaration comprenant un plan d’action intitulé « Vers un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », établissant cadre supplémentaire pour apporter des réponses positives à l’occasion d’une nouvelle rencontre intergouvernementale programmée à l’automne 2018 pour régler ces problèmes.

En tant que ministre des Affaires étrangères du Canada, j’ai participé à des initiatives comme le Traité sur les mines antipersonel et la Cour pénale internationale, ce qui m’a fait prendre conscience du fait que les structures des Nations Unies limitent la liberté de penser et d’agir. Beaucoup d’intérêts sont en jeu. En fin de compte, l’ONU doit être le lieu où le changement se produit, mais ce n’est pas le lieu où la meilleure réflexion sera faite sur les types de changements normatifs et institutionnels nécessaires.

Avec le changement climatique, la famine, la multiplication des conflits armés, la façon dont le monde fait face à l’augmentation du nombre de réfugiés nécessite un important remaniement.

Le Conseil mondial pour les réfugiés que je préside – soutenu par le Centre pour l’innovation en gouvernance internationale (CIGI) et le gouvernement du Canada – espère formuler des recommandations pour des réformes importantes et mobiliser la volonté politique nécessaire pour les mettre en œuvre.

Par exemple, l’ensemble du système de financement des réfugiés, basé principalement sur les promesses de dons des gouvernements, est vraiment archaïque. De nombreux instruments juridiques, tels que les Principes directeurs relatifs au déplacement interne, la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et, dans le contexte du maintien de la paix, les Principes de Kigali sur la protection des civils, sont offrent une faible protection et ne sont plus usités. Nous avons besoin d’un nouveau multilatéralisme beaucoup plus cohérent.

Le Canada soutient non seulement notre travail au sein du Conseil mondial pour les réfugiés, mais il montrer aussi l’exemple quant à la meilleure façon de réinstaller les réfugiés et de gérer la diversité.

Nos contributions aux opérations de paix et à la réforme du système de réfugiés peuvent fournir des raisons importantes pour que d’autres États membres de l’ONU voient de manière positive la candidature du Canada en 2019 pour un mandat de deux ans au Conseil de sécurité des Nations Unies en 2020-21.

 


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